Manon Burg


Faire le mur est un projet autour de la mégapole de Séoul, ville dans laquelle Alice Narcy a vécu et étudié à l'occasion d’un échange académique. Sidérée par le développement exponentiel de cette cité à l'étendue sans bornes, elle fait de cette expérience d’un sublime urbain le sujet de ses pièces : elle erre à travers la ville des heures durant jusqu’à épuisement puis photographie et filme l'environnement où l’a menée sa dérive. Mais plutôt que de capturer le “macro-”, le “spectaculaire”, qui serait propre à cet état, entre effroi et attraction, elle s’intéresse à l’infiniment petit, aux objets de rebut — câbles, tuyaux, bâches, compteurs électriques... — autrement dit l’envers de ce sublime.

À ce temps actif succède celui de la gestation, celui de l’atelier. C’est là qu’elle commence à peindre d’après les images collectées ; elle aime d’ailleurs à dire que « la peinture [l’]aide à comprendre toute la complexité de [ses] images et à mieux savoir les regarder ».

Sur les murs rouge de la galerie droite, vivent alors vidéos, photographies et peintures, dont la juxtaposition brouille l’identité de chaque médium : la bâche au centre de la pièce est-elle un élément du réel accroché au mur ? un trompe-l’œil peint ? ou simplement une image imprimée ? En assemblant ensemble ces éléments hétéroclites, Alice Narcy crée une fresque urbaine évoquant la sensation de fourmillement à l'échelle microcosmique.

Texte : Manon Burg











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